Bienvenue en Fatrasie : photographie studio

Mon Fatras et moi, c’est de l’histoire ancienne! Il y a quelques années, j’ai ouvert ce site pour y présenter un projet photographique sur l’alimentation à travers des photographies abstraites. Le site est demeuré une coquille presque vide jusqu’à ce que des changements dans ma vie personnelle me poussent à revoir totalement mon alimentation, au sens propre comme au sens figuré. J’ai alors eu envie besoin de traduire ce cheminement en mots et en images : j’ai réinvesti cet espace pour y partager mes recettes et mes expériences. Mais la photographie est tellement présente dans ma vie que très vite, je me suis prise au jeu de la photographie culinaire, non plus abstraite mais illustrative, cette fois. Voilà pourquoi la section photographie du site comprend deux parties distinctes : les photographies culianires ou nature morte figuratives, et les séries plus abstraites.


Photographie culinaire

Mes photographies culinaires sont des photographies d’ambiance. Comme dans mes photos nature, c’est avant tout la lumière, diffuse, en clair-obscur, contre-jour, rasante… qui va dessiner la scène. Tous les plats photographiés sont bien sûr mis en scène, mais ils sont authentiques : pas de trucage, d’ajout de petite chimie magique pour faire fumer ou briller. Le contenu de l’assiette demeure bio et consommé juste après!

Au départ, ce n’était qu’un petit exercice très éloigné de mon travail en photographie nature, pour tester si j’étais capable d’improviser pour réaliser des images illustratives. Et puis, je me suis prise au jeu. Ces séances de photo studio m’apportent un réel plaisir et stimulent mon envie d’aller plus loin, inspirée par les natures mortes du  XVII ème, tout en conservant la même éthique : cuisine bio non trafiquée, pas de retouche excessive en post-traitement.


Photographie abstraite

Dans mon Fatras il y a aussi… Des abstractions !

[Fatras] est né d’un besoin de “ranger” (paradoxal, non?) un vaste projet photo autour de la nature morte en cuisine et ailleurs, et du temps qui passe sur des éléments et aliments du quotidien.

Contenu du portfolio abstrait:

Dans tout mon fatras photographique, vous trouverez des représentations subjectives, souvent symboliques, parfois abstraites, d’objets et aliments du quotidien. Mes photos culinaires abstraites sont le fruit d’une recherche autour de l’objet lui-même (sa structure, sa texture, sa réaction au froid, au temps qui passe…), mais aussi de tout un travail autour du vivant et de la lumière qui redessine la réalité jusqu’à recréer l’objet d’une façon poétique et inattendue.


Démarche artistique :

Mes photos sont réalisées in situ, en jouant avec l’éclairage, l’angle de prise de vue et avec le réglage de la profondeur de champ. Elles ne font l’objet d’aucune retouche particulière sur ordinateur, pas de détourage, pas de retrait ni d’ajout d’élément, selon le même protocole de prise de vue qu’en photo nature. Les effets et flous sont simplement le fruit de mes réglages à la prise de vue.


La genèse du site : Histoire de nom

C’est décidé! Je crée un site pour y ranger tout un bric à brac de mes photos d’objets que l’on pourrait qualifier de « nature morte ».

Bien joli, de créer un site… Mais comment l’appeler? J’ai jeté sur une page blanche une liste de mots: objet/sujet, œil, regard, objectif (photo)/subjectif, matière, texture, bokeh, lumière, nature morte, studio…

Je me suis tout d’abord arrêtée sur la formule [Objets dans l’objectif]. Un titre simple, clair et efficace. Puis j’ai appliqué à la lettre le premier conseil que l’on peut donner à quiconque ouvre un site: saisir le titre pressenti dans un moteur de recherche, afin de s’assurer qu’il n’existe pas déjà. C’est ainsi que j’ai découvert que la BNF avait édité un dossier complet intitulé « Objets dans l’objectif » qui accompagnait une exposition de photos de natures mortes en 2005. Et surprise: dans ce dossier, toutes les pistes de travail qui m’ont conduite à créer le présent site y étaient énoncées clairement: le rapport de l’image à l’objet, la sacralisation photographique, le détournement ou l’illustration d’une vérité objective…

[Objets dans l’objectif]

Laure Albin-Guillot- Publicité pour Salantale (1942) tirage argentique
Laure Albin-Guillot- Publicité pour Salantale (1942) tirage argentique

Que du bonheur, à lire ce dossier si inspirant! Et quel regret de ne pas pouvoir voir cette exposition… Mais dans tout ça,  je n’ai toujours pas de titre pour mon propre site! Je repars donc à la pêche aux mots. Ici, la [parole] y sera donnée à divers objets, des photos [de choses et d’autres]… Derrière toutes ces associations de mots et d’idées issues des tréfonds de mon cabinet de curiosités intérieures surgit l’ombre d’un poète compagnon de route depuis de longues années Jacques Prévert. J’y vois un signe. Je passe en revue les titres de ses principaux recueils jusqu’à me heurter à ces 6 lettres: [FATRAS]. Le mot sonne bien! Il évoque à démons et merveilles le contenu de brique et de broque -comme le dirait Balzac- qui remplira peu à peu ce site. De tout et de rien, comme un [inventaire]… à la Prévert, bien sûr!

[…] deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo

un soleil d’Austerlitz

un siphon d’eau de Seltz

un vin blanc citron

un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre une échelle de corde

deux sœurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits

[…]

Jacques Prévert Extrait de l’Inventaire (PAROLES)

Irving Penn "Natures Mortes" (Editions Assouline)
Irving Penn « Natures Mortes » (Editions Assouline)

[Fatras photographique]

Voilà un titre qui va comme un gant à mon projet!


Au fait, c’est quoi, un FATRAS ?…

[Fatras: n.m. -fatras 1320 – Amas confus, hétéroclite, de choses sans valeur…]

Voilà pour la définition de Robert le petit. Mais un FATRAS, c’est aussi un poème médiéval à forme fixe, un non-sens artistique qui cultive l’absurde et l’impossible. La forme fixe du fatras médiéval n’est-elle pas l’écho des contraintes techniques propres à la photo (sans compter que je travaille 99% du temps en focale fixe). Quant à exprimer l’impossible, n’est-ce pas là l’une des caractéristiques de la photo? Nombre de photos font un arrêt sur une image impossible à percevoir à l’œil nu. Décidément, cette idée de ranger mes photos d’objet sous la bannière d’un fatras fantaisiste, absurde, sans prétention, poétique… me plait bien!