Végétarien, végane?? Quelques définitions

C’est quoi un végétarien?

Végétarien, végétalien, vegan ???… Voilà une petite liste de mots qui tournent autour de l’alimentation dite veggie et qui ont souvent un sens très approximatif.

Mais d’abord une parenthèse autour d’une question que l’on me pose sans arrêt et qui m’agace me laisse dubitative :

– Tu es végétarienne??? Tu as le DROIT de manger quoi alors??? 

Le DROIT de manger? Mais j’ai tous les droits ! J’ai simplement décidé un jour de ne manger que ce que je voulais. Et comme je ne voulais plus manger de viande, me voilà devenue de fait végétarienne, non pas par contrainte ou par restriction, mais en prenant la liberté de faire fi des normes habituellement admises, pour suivre mes propres envies.

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Le végétarisme n’est pas un régime au même titre que les régimes restrictifs imposés par la seule volonté de perdre du poids, par une croyance ou par des contraintes médicales. C’est au contraire une démarche individuelle basée sur la liberté de faire ses propres choix alimentaires, mais aussi souvent ses choix de consommation. Il y a d’ailleurs une immense diversité de végétarismes, nourris par autant de raisons différentes de devenir végétariens (santé, mieux-être, écologie…). Et comme tout cela est très confus, tout un vocabulaire a été créé pour définir des grandes catégories de régimes alimentaires végés. Il ne s’agit pas de normes à suivre obligatoirement. Ce sont de simples mots qui aident à se situer, souvent à l’attention des non-végés qui nous observent avec curiosité.

Petit traité de vocabulaire autour du végétarisme

Végétarien :

Il ne consomme pas de chair animale : pas de viande rouge ni blanche, pas de charcuterie, pas de poissons ni fruits de mer, pas de graisse et autre produit dérivé issus de la viande et qui nécessitent la mise à mort d’un animal (saindoux, gélatine…). Il consomme du lait et autres produits laitiers, des oeufs, du miel. Attention aux fromages, dont la plupart sont faits avec de la présure animale
Certains végétariens excluent les laitages mais consomment des oeufs : les ovo-végétariens
D’autres excluent les oeufs mais consomment des laitages : les lacto-végétariens.

Petite parenthèse : On me demande souvent si en tant que végétarienne, je mange du poisson.

– Ah non ! Pas de chairs animales, cela veut dire pas de poisson non plus. Ni au passage de crevettes, de sauterelles, de poulpes ou de caviar. 

Je crois que ce végétarisme qui inclut le poisson est une spécificité française héritée des années 70. On a bien sûr trouvé un nom pour définir les personnes qui me mangent pas de viande mais qui consomment du poisson : on parle de  pescétarisme.

Enfin, avant d’en finir avec le végétarisme, connaissez-vous le flexitarisme? Il s’agit d’une invention récente. Les flexitariens ne sont pas végétariens. Ce sont des personnes qui mangent parfois végétarien. Par exemple : je mange végétarien lorsque je cuisine chez moi, mais pas au restaurant. Là encore, il y a des tas de raisons qui poussent au flexitarisme. Cela peut être une façon de limiter sa consommation de viande, et qui sait, un premier pas vers le végétarisme. Personnellement, j’ai été flexitarienne de longues années, alors que ce mot n’avait pas encore été inventé ;).

Végétalien :

Un végétalien va exclure de son alimentation absolument tous les produits animaux : non seulement la viande, mais aussi les oeufs, les laitages, le miel…

Végane :

Le véganisme va plus loin : c’est un végétalien qui il étend son refus des produits animaux à l’ensemble de ses produits de consommation: plus de cuir, laine, soie, plume, plus de dérivés animaux dans les produits cosmétiques, d’hygiène, d’entretien… Plus qu’un mode d’alimentation, le véganisme est un mode de vie engagé et parfois militant, même si la plupart des véganes que je connais sont des personnes discrètes et bienveillantes à l’égard des personnes non veggies, prêtes à faire découvrir une cuisine nouvelle et créative, plutôt que dans le jugement.

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Lire les étiquettes!

Quel que soit notre mode de consommation et nos motivations, nous sommes sans cesse confrontés à des produits industriels. Rechercher des produits les plus bruts possibles et les cuisiner soi-même demeure le meilleur moyen de contrôler réellement ce que l’on avale et/ou les conséquences environnementales et humaines liées à la production de nos aliments. Mais il n’est pas toujours facile, voire presque impossible d’éviter tout produit issu de l’industrie agro-alimentaire. Il faut donc prendre l’habitude de lire attentivement les étiquettes, pour y traquer l’utilisation d’oeufs, de lactose, mais aussi de gélatine animale et autres dérivés animaux cachés dans de nombreux produits.

Quelques exemples? Les bonbons en gélatine sont pour la plupart faits à partir de gélatine animale, on utilise fréquemment des huiles de poisson dans les compléments alimentaires vitaminés, certains colorants comme le rouge cochenille sont tirés des insectes éponymes, etc…

Lire les étiquettes, une contrainte? Oui et non… Je m’explique : si l’on souhaite conserver un mode de consommation identique, bien sûr qu’il sera très chronophage de lister tous les ingrédients contenus dans nos caddies. En revanche, lorsque l’on fait le choix de devenir végéta*ien, ce changement s’accompagne très souvent d’une remise en question de notre mode de consommation. Et tout doucement (ou pas ! ), on quitte le circuit traditionnel des magasins d’alimentation classiques, on oublie le rayon « plats à emporter », pour revenir à l’essentiel : des produits bruts, des légumineuses, des céréales, des fruits et des légumes, bio de préférence et sans aucun additif, ni animal, ni chimique. Et je vous assure que le temps passé à cuisiner est compensé par le temps économisé à faire ses courses ! Quant au coût d’une alimentation veggie bio ou locavore (marché…) par rapport à une alimentation traditionnelle, il mériterait un article à lui tout seul. Mais en deux mots : à condition de cuisiner un peu, on ne dépense pas plus à consommer bio, puisque le surcoût est largement compensé par le fait de ne plus acheter de produits tout faits ou de viande.

// En parallèle //

 Pour en terminer avec le vocabulaire, voilà quelques définitions de régimes alimentaires et autres termes que l’on retrouve souvent dans le sillage du végétarisme :

Crudivore : Ne consomme que des produits crus. Et donc pas forcément végétarien. Mais on a créé les mots crudi-végétarien et crudi-végétalien pour définir les végés qui pratiquent cette alimentation crue et vivante sans viande.

Locavore : consomme des aliments produits tout près de chez lui. Il ne s’agit pas d’un régime alimentaire, mais d’un mode de consommation engagé et décroissant, qui refuse les aliments qui font trois fois le tour de la planète avant de finir dans nos assiettes. De fait, le locavore va consommer beaucoup de fruits et légumes, exclusivement de saison.

Toujours en parallèle au régime alimentaire proprement dit, on peut choisir de consommer bio ou encore éthique ou équitable. Car un produit peut être bio (= produit en respectant les contraintes de l’agriculture biologique), mais cela ne garantit pas que les producteurs eux-mêmes travaillent dans des conditions respectueuses de leur santé et de leurs besoins. Il existe plusieurs labels qui concernent ces deux points, qui nécessiteraient un article à eux-seuls.

–  Lire aussi : Faut-il acheter bio ? 

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Orthorexique : Enfin, je termine par l’orthorexie. Encore un mot récent qui définit le fait de se soucier à outrance de ce que contient notre assiette. Il est décrit comme un trouble du comportement alimentaire (au même titre que la boulimie ou l’anorexie). L’orthorexique consacre plusieurs heures par jour à vérifier que ce qu’il va ingérer est sain, ce qui finit par le priver d’une vie sociale et du plaisir de manger.

Pourquoi en parler dans cet article? Parce-qu’on a trop tendance à ranger sous ce terme toutes les personnes qui font attention à ce qu’elles mangent. Vous savez, tous ceux qui jouent les rabat-joie en faisant remarquer que tel produit contient le fameux E-machin cancérigène ou que tel mode de cuisson est dangereux. Et comme la plupart des végéta*iens débutants passeront du temps à se documenter sur des tas de choses étranges pour trouver au plus vite un mode d’alimentation équilibrée et gourmande, il arrive fréquemment qu’on se moque plus ou moins gentiment d’eux en les qualifiant d’orthorexiques. Ce qui au passage arrange bien l’industrie agro-alimentaire : elle ne tient pas particulièrement à ce que trop de monde lise et comprenne les étiquettes 😉 .

Comme toujours, tout est question de mesure. Oui, il est sain pour le corps et l’esprit de prendre en main son mode de consommation, et d’être attentif à ce que l’on mange, parfois à notre insu. Mais pas question de sombrer dans le comportement obsessionnel et la culpabilisation au moindre écart. Il ne faut pas perdre de vue que quelles que soient nos motivations, manger différemment doit avant tout apporter un mieux-être et de la sérénité, une envie de partager, et surtout pas une désocialisation ou une culpabilisation.

Fin de ce long article. J’espère qu’après cette lecture, certains d’entre vous y verront plus clair ? 🙂

Au fait, et moi dans tout ça ? Jusqu’à l’an dernier, j’étais ovo-végétarienne à tendance végane : quelques oeufs de temps en temps, produits par des poules voisines, un peu de miel. En dehors de ça, pas de produits animaux dans l’assiette, cosmétiques et produits d’hygiène véganes… Mais depuis que les poules d’à côté sont passées à la casserole (euh, pas dans « ma » casserole, hein !!!) , je ne consomme pratiquement plus d’oeufs. Ce qui me convient très bien : côté santé et énergie, tout est nickel. Côté mental, je ne prétends bien sûr pas avoir une alimentation 100% vertueuse, mais je fais en sorte de me sentir en paix avec moi-même lorsque je regarde mon assiette. Et ce sentiment est très doux à vivre !

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